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Tétanosprint

Qui est protégé ?

publié le dimanche 14 janvier 1996

L’incidence du tétanos a spectaculairement chuté au cours des dernières décennies du fait de la vaccination systématique, dès les premiers mois de vie, avec la toxine inactivée (anatoxine tétanique).
En principe, pour aller plus loin dans la prévention totale du tétanos, il faudrait veiller à un traitement des plaies correct, administré à temps et accompagné d’une prophylaxie anti-tétanique adaptée, et à un entretien de l’immunité par une injection régulière d’anatoxine (rappel recommandé tous les 10 ans).

Une étude récente publiée dans le New England Journal of Medecine attire l’attention quant à l’entretien de l’immunité anti-tétanique.
Il y a peu de raisons pour supposer que la situation en Belgique puisse être fort différente.
10168 Américains âgés de plus de 6 ans ont été inclus dans l’étude durant la période 1988-1991.
Il en ressort qu’environ 70% de la population américaine dispose d’un taux sérique d’anticorps antitétaniques protecteur.

Influence de l’âge

De très importantes différences sont observées selon les catégories d’âge.
Dans la catégorie des 6 à 11 ans, 88% des enfants ont suffisamment d’anticorps. Ce taux reste au delà de 80% pour la catégorie de 6 à 39 ans.
A partir de l’âge de 40 ans, le nombre de personnes ayant un taux suffisant d’anticorps baisse cependant rapidement. On passe de moins de 50% pour les plus de 50 ans à seulement 28% au delà de 70 ans.
A partir de 40 ans, on remarque également une différence notable entre les hommes et les femmes : les hommes ont considérablement plus de chances d’avoir des anticorps ; ceci est en rapport avec le service militaire, mais aussi avec un risque accru de blessures qui induit une plus grande probabilité de recevoir une injection de rappel à l’occasion de soins de plaie.
La probabilité de trouver une immunité chez les femmes de plus de 70 ans est d’environ 20%.

Temps écoulé depuis la dernière dose

La probabilité d’être immunisé (comme l’atteste la présence d’anticorps dans le sérum) baisse ainsi qu’on pouvait s’y attendre en fonction du temps écoulé depuis la dernière injection.
Dans la catégorie des 6 à 16 ans, on a établi que :
- si la dernière injection date de moins d’une année, une immunité protectrice est présente chez 95% des enfants ;
- 1 à 5 ans après la dernière injection, cette immunité est présente chez 86%, 6 à 10 après chez 72% et 11 ans ou plus après chez 70%.

Importance de la vaccination de base

En utilisant les données publiées antérieurement à propos des 107 cas de tétanos recensés aux Etats-Unis entre 1989 et 1990, on a pu examiner la relation entre le risque de tétanos et l’immunité protectrice estimée en fonction de l’âge.
La plupart des cas de maladie et de décès par tétanos se produisent dans la catégorie ayant le moins de chance d’avoir une immunité protectrice : 63 des 107 cas de tétanos (58%) et 15 des 20 décès (75%) ont touché le groupe d’âge des 60 ans et plus.

Les personnes âgées sont donc clairement le groupe à risque pour le tétanos, et toute opportunité est bonne pour régulariser leur couverture vaccinale : chaque personne qui n’a jamais été vaccinée doit recevoir une série complète d’injections (les 2 premières injections avec 4 à 6 semaines
d’intervalle, la 3ème injection environ 1 an plus tard).

Les personnes âgées sont donc clairement le groupe à risque pour le tétanos, et toute opportunité est bonne pour régulariser leur couverture vaccinale : chaque personne qui n’a jamais été vaccinée doit recevoir une série complète d’injections (les 2 premières injections avec 4 à 6 semaines
d’intervalle, la 3ème injection environ 1 an plus tard).

On peut entretemps développer un tétanos, du fait que le temps d’incubation minimal est de 1 à quelques jours (en moyenne entre 3 jours et 3 semaines).

Il est essentiel de détecter les blessures présentant un risque élevé de tétanos : ce sont principalement les plaies contuses ou les écrasements, les piqûres par écharde de bois, clou ou épine, les blessures souillées de terre ou d’excréments d’animaux, ou les morsures et griffes d’animaux.
Dans ces cas, l’administration de gammaglobulines spécifiques est essentielle pour toute personne qui n’a jamais été vaccinée, ou trop longtemps auparavant, ou de façon incomplète.
Ces gammaglobulines doivent être associées, selon les cas, à un rappel de vaccination ou à une primovaccination complète (3 doses).

Dans le contexte d’épidémie de diphtérie en ex-URSS, on a établi par études sérologiques que 20 à 60% des adultes de pays occidentaux sont réceptifs à la diphtérie.
Ce chiffre est encore plus élevé dans la catégorie des personnes âgées de plus de 40 ans.
Dans ce cas également, on peut dire que l’on ne produit pas des anticorps pour toute la vie après la vaccination de base de l’enfance, mais que des injections de rappel sont nécessaires tous les 10 ans du fait que l’immunité n’est plus stimulée par la voie naturelle.

Prof. Dr Van Gompel (IMT)

* disponible en Belgique sous le nom Tedivax Pro Adulto

Références :
1. Guide for adult immunization. American College of Physicians. Sec. Edition 1994 ; p.130-133.
2. Gergen P. et al. A population-based serologic survey of immunity to tetanus in the United States. N Engl J Med 1995 ; 332 : 761-766.
3. Gardner P. Laforce L. Protection against tetanus. Letter to the editor. N Engl J Med 1995 ; 333 : 599.
4. Sutter R. et al. Protection against tetanus. Letter to the editor. N Engl J Med 1995 ; 333 : 600.
5. Precots R. et al. Tetanus surveillance - United States, 1989-1990. MMWR 1992 ; 41(SS-8) : 1-9
6. Recommandation d’immunisation antitétanique en cas de blessures. Ministère de la Santé Publique. Edition 1981 p. 12 - 15.

Pour la pratique

On retiendra que la bonne tactique de prévention du tétanos repose :
- sur une vaccination de base complète dans l’enfance et sur l’administration d’un rappel tous les 10 ans ;
- sur l’injection de gammaglobulines dans les cas considérés à risque de tétanos.


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