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Rotavirusprint

Résultats de la vaccination

publié le jeudi 1er septembre 2011

En Belgique, les données de surveillance recueillies en routine ont montré, depuis la généralisation de la vaccination, une diminution significative des cas d’infections par rotavirus confirmés par laboratoire. Le nombre d’hospitalisations liées à des gastro-entérites à rotavirus a également fortement chuté.

Les diarrhées sont une cause importante de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans dans le monde (approximativement 15% des décès leur sont attribués). Le rotavirus est à l’origine de 29 à 39% de ces gastro-entérites mortelles. La majorité de ces décès surviennent dans des pays en développement.
Dans les pays industrialisés, les gastro-entérites liées au rotavirus (RVGE) sont rarement létales, mais pratiquement tous les enfants font une infection avant l’âge de 5 ans, avec un pic d’incidence chez les enfants âgés de 4 à 23 mois.
Des estimations font part pour les 25 Etats membres de l’Union européenne en 2006, de 231 décès, plus de 87.000 hospitalisations et environ 700.000 consultations ambulatoires liées aux infections à rotavirus.
Les données disponibles avant vaccination (2000 à 2006) pour la Belgique permettent de chiffrer annuellement à 5.600 les hospitalisations d’enfants âgés de moins de 7 ans et à 26.800 les consultations et visites en médecine générale et pédiatrie dues au rotavirus. Parmi les enfants hospitalisés, la moitié environ ont moins d’un an et près de 40% entre 1 et 2 ans.

Vaccination

En octobre 2006, le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) émettait une recommandation de vaccination pour tous les enfants âgés de moins de 6 mois et préconisait la mise en place d’une surveillance des souches de rotavirus (RV) circulant en Belgique, ainsi qu’un suivi de la morbidité liée au RV. Dès novembre 2006, l’INAMI proposait un remboursement partiel du vaccin (2 ou 3 doses selon la marque commerciale), avec un ticket modérateur de 11 € par dose pour les parents.

Vaccins disponibles contre le rotavirus (tous deux sont des vaccins vivants atténués qui s’administrent oralement).Rotarix™ : vaccin monovalent (souche humaine), s’administre en 2 doses, à 8 et 12 semaines.Rotateq™ : vaccin pentavalent (réassortant humain-bovin), s’administre en 3 doses, à 8, 12 et 16 semaines. Selon les recommandations du CSS : la vaccination peut être administrée dès 6 semaines ; ne pas initier la vaccination si l’enfant est âgé de > 16 semaines. Si la dose 1 a été administrée avant l’âge de 16 semaines, terminer le schéma avant l’âge de 24 - 26 semaines. Ne pas administrer de dose de rattrapage chez un enfant de plus de 26 semaines (Rotateq™) ou 24 semaines (Rotarix™), indépendamment du nombre de doses reçues entre 6 et 26 semaines.

La couverture vaccinale parmi les enfants éligibles a augmenté progressivement, et assez rapidement. En l’absence de mesures fiables à l’échelle du pays, on peut se baser sur trois indicateurs :
- en Flandre en 2007, une étude chiffrant la couverture vaccinale à 30%
- en Wallonie en 2009, une étude la chiffrant à 77%
- actuellement, le nombre de doses remboursées par l’INAMI permet d’évaluer la couverture théorique à au moins 90% de la population concernée.

En raison de la non accessibilité à un vaccin gratuit, on constate un gradient social dans les couvertures vaccinales.

Impact de la vaccination

L’impact de cette vaccination a pu être approché sur base de plusieurs sources de données.

  • L’Institut Scientifique de Santé Publique (ISP) recueille les données via un réseau vigie de laboratoires. Ce réseau représente entre 48% (127/263 en 2000) et 61% (103/170 en 2008) de l’ensemble des laboratoires de microbiologie privés ou hospitaliers ; il couvre aussi bien des cas hospitaliers qu’ambulatoires. La surveillance du rotavirus a démarré en 1999, avec une interruption de 2002 à 2004.
    Durant la période précédant l’introduction de la vaccination, les cas confirmés par les laboratoires se distribuaient sur une courbe typiquement saisonnière, avec un pic au début de l’hiver. Les données après la première saison de vaccination (juillet 2007 à juin 2008) montraient une diminution du nombre total de cas, atteignant 80% de réduction chez les enfants de moins de 1 an, ciblés par la vaccination. On notait également un décalage du pic saisonnier. Ces tendances se sont accrues lors des deux saisons suivantes (2008-2009 et 2009-2010), avec une réduction du nombre de cas de 50% par rapport aux courbes les plus basses de la période prévaccinale (voir figure 1 ci-dessus).
  • Une étude rétrospective a été menée dans 12 entités pédiatriques belges, sur les consultations en urgence et les hospitalisations liées aux gastro-entérites aiguës chez des enfants âgés de moins de 5 ans. Ces 12 centres représentent 30,6% du total des lits pédiatriques belges (542 lits) répartis sur les 3 régions du pays. Cette étude se base sur le nombre d’échantillons de selles positifs pour du rotavirus durant une période de référence avant vaccination (juin 2004 à mai 2006) et deux années après vaccination (juin 2007 à mai 2009). Dès la première année suivant la mise en place de la vaccination, on observe une réduction significative du nombre de tests positifs de 64% chez les 2 à 24 mois et après la 2ème année, une réduction de 64% à 80% est observée chez les enfants de 2 à 5 ans et de 2 mois à 24 mois respectivement. Le pic saisonnier observé en post-vaccinal est, comme pour ce qui a été observé par les laboratoires vigies, atténué et décalé dans le temps. Cette étude a également permis de montrer une réduction significative du nombre d’admissions à l’hôpital pour gastro-entérite de 33%, le nombre de gastro-entérites à rotavirus hospitalisées passant de 2.861 pour la période pré-vaccinale à 566 la 2ème année après l’introduction de la vaccination chez les enfants de moins de 2 ans. Il est important de signaler qu’une réduction importante (50%) des infections nosocomiales à rotavirus a également été mise en évidence.
  • Trois centres pédiatriques (Virga Jesse à Hasselt, KUL, Leuven et HUDERF Bruxelles) ont enregistré prospectivement les cas d’infection à rotavirus depuis plusieurs années avant l’introduction de la vaccination et les tendances observées sont similaires aux résultats des laboratoires vigies et de l’étude multicentrique décrite ci-dessus.
  • Enfin, une étude récente cas-contrôle a permis de confirmer l’efficacité sur le terrain (90% et 89% chez les 3-11 mois et plus de 12 mois respectivement) de la vaccination par Rotarix™ sur la prévention des gastro-entérites sévères (hospitalisées).

Conclusions

La Belgique a été un des premiers pays en Europe à inclure la vaccination contre le rotavirus dans le calendrier vaccinal de base des nourrissons. La couverture peut être estimée à 90%. L’ensemble des résultats recueillis montrent une diminution des hospitalisations liées à des gastro-entérites virales à rotavirus, un tassement et un étalement dans le temps des pics saisonniers. Ces résultats sont similaires à ceux constatés dans d’autres pays (Autriche, Australie et Etats-Unis). Il y a également des indices d’une immunité de groupe.

Dr A. Vergison - HUDERF
Dr P. Trefois

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