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Voyages, migrants et vaccinationprint

Virus Zika

publié le mercredi 13 avril 2016

Vax Info vous propose un résumé de la situation au printemps 2016.

En 2015, une épidémie d’infections à virus Zika a débuté en Amérique du Sud, en Amérique Centrale, aux Caraïbes et dans quelques îles de l’Océan Pacifique. Selon les prévisions, cette épidémie devrait s’étendre au cours des prochains mois.
L’infection à virus Zika, son épidémiologie et ses conséquences font l’objet de publications multiples et d’études intensives. Nous vous présentons un point réalisé à la mi-mars 2016. Mais il est certain que les prochains mois de l’année 2016 apporteront de nombreuses autres informations.

Entre janvier 2007 et mars 2016, plus de 50 pays (dont 41 depuis janvier 2015) ont déclaré des cas de transmissions locales du virus Zika. Plusieurs pays font face à une poussée épidémique actuellement en cours. [1]

Symptomatologie et traitement  [2]

La maladie est due à un Flavivirus transmis par des moustiques du genre Aedes (piquant en général le matin, en fin d’après-midi et en soirée). Ce sont ces mêmes moustiques qui transmettent aussi la dengue, le chikungunya et la fièvre jaune.
Une transmission par voie sexuelle est également démontrée, mais son impact n’est pas encore bien établi.
Les sujets atteints présentent en général une fièvre modérée, une éruption cutanée (exanthème), une conjonctivite et des douleurs musculaires et articulaires. Normalement, ces symptômes disparaissent en 2 à 7 jours.
La maladie à virus Zika est en général relativement bénigne et ne requiert aucun traitement spécifique. Les sujets atteints doivent beaucoup se reposer, boire suffisamment et prendre des médicaments courants contre la douleur et la fièvre.

Les personnes qui présentent un syndrome grippal au retour d’un voyage dans des zones endémiques pour les virus Zika, de la dengue ou du Chikungunya devraient consulter un médecin, qui le cas échéant, pourra référer le patient à l’Institut de Médecine Tropicale ou à un infectiologue d’une Travel-clinic.

Complications

Le virus a été détecté dans le sang, le cerveau et le liquide cérébrospinal de fœtus, suite à des fausses couches ou interruptions de grossesse, ou encore chez des bébés morts nés.
En début mars 2016, seuls la Polynésie française et le Brésil rapportaient une augmentation dans leur population des cas de nouveau-nés atteints de microcéphalie et d’autres malformations fœtales. Ces malformations ne sont par ailleurs qu’une des anomalies relevées à la naissance ou pendant la grossesse (mort fœtale, insuffisance placentaire, retard de croissance fœtal, etc). [3]
Lors des grandes flambées épidémiques en Polynésie française et au Brésil, en 2013 et en 2015 respectivement, les autorités sanitaires nationales ont signalé des complications neurologiques et auto-immunes potentielles. Ainsi, au Brésil, les autorités sanitaires locales ont observé une recrudescence des cas de syndrome de Guillain-Barré (SGB), en concordance avec l’augmentation des infections à virus Zika dans la population. Huit pays ont ainsi déclaré un accroissement de l’incidence de cas de Guillain-Barré depuis 2015, et/ou une confirmation par laboratoire d’une infection par virus Zika chez des personnes atteintes de SGB.
Une étude cas-contrôle menée en Polynésie française confirme un lien de causalité entre l’infection à virus Zika et le SGB. [4]
Un article publié dans The Lancet fait état d’un cas de myélite aiguë en Guadeloupe, lié à une infection par virus Zika. [5]

Prévention

On sait que le virus circule en Afrique, dans les Amériques, en Asie et dans le Pacifique.
Il n’existe actuellement aucun traitement ou vaccin spécifique.
La meilleure forme actuelle de prévention consiste à se protéger des piqûres de moustiques. On peut conseiller aux voyageurs de porter, de jour, des vêtements couvrant l’entièreté du corps, de couleur claire. L’application régulière et répétée de répulsifs contre les moustiques, à base de DDET, d’IR3535 ou d’icaridine, est recommandée, de même que la protection des locaux par des moustiquaires, etc.

L’Institut de Médecine Tropicale conseille aux femmes enceintes et aux femmes susceptibles de le devenir (pendant le voyage ou juste après), d’éviter les voyages vers les zones où des poussées épidémiques d’infections à virus Zika sont en cours (Amérique du Sud, Amérique Centrale, Caraïbes et quelques îles de l’Océan Pacifique).
Toutes les personnes qui auraient été infectées par le virus Zika et leurs partenaires sexuels, notamment les femmes enceintes, doivent être informées des risques de transmission sexuelle du virus, des possibilités de contraception et des pratiques sexuelles à moindre risque.

Selon l’OMS, lors du retour d’un des partenaires d’un couple en provenance une zone épidémique :

  • en l’absence de grossesse, tout rapport sexuel non protégé (préservatif) devrait être évité pendant au moins 1 mois. En cas de symptômes évocateurs d’une infection à virus Zika, un bilan médical doit être établi.
  • en présence d’une grossesse, les partenaires sexuels des femmes enceintes doivent, pendant toute la durée de la grossesse, avoir des pratiques sexuelles à moindre risque ou s’abstenir de tout rapport.

Pour un suivi des informations sur le Zika :

[1Emergencies. Zika situation report. 4 March 2016. http://www.who.int/emergencies/zika-virus/situation-report/4-march-2016/en/

[2Zika virus. Factsheet. Update February 2016. http://www.who.int/mediacentre/factsheets/zika/en/

[3WHO Director-General addresses media after Zika Emergency Committee. Statements by WHO Director-General Dr Margaret Chan. 8 March 2016. http://www.who.int/mediacentre/news/statements/2016/zika-ec/en/

[4Emergencies. Zika situation report. 4 March 2016. http://www.who.int/emergencies/zika-virus/situation-report/4-march-2016/en/

[5S. Mécharles, C. Herrmann, P. Poullain et al. Acute myelitis due to Zika virus infection. The Lancet. 2006, published online 03 March 2016. doi.org/10.1016/S0140-6736(16)00644-9 http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(16)00644-9/fulltext


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